MOTIVATION,

METHODE,

RIGUEUR

 


Annie REITHMANN

Proviseur d'IPECOM

La motivation est un processus, une force qui pousse l'individu à réaliser son objectif. Encore faut-il avoir un objectif, c'est-à-dire un but que l'on se fixe et qui engage inévitablement à l'action et qui, une fois réalisé, donne satisfaction et plaisir. En effet, réaliser un objectif c'est gagner ce vers quoi on tendait.

Ainsi il existe sans doute beaucoup de manières d'accéder à un objectif et de mettre en place des strates de motivation (interne, externe) cependant l'élément moteur de toute motivation est l'estime de soi ou/et le besoin de reconnaissance.

La motivation ne va donc jamais sans effort et sans méthode, consciente ou inconsciente.

Particulièrement chez les enfants précoces, il peut exister des failles dans ces processus. En effet, l'enfant précoce est plus intuitif que méthodique, et a plus de mal à réaliser des efforts puisque souvent les solutions, les résultats émanent spontanément de lui. Enfin, il semble que certains enfants précoces ont une image de soi qui est tributaire de leur propre différence, parfois mal acceptée.

Certes il existe des méthodes pour motiver la motivation tel que le plaisir de la nouveauté, l'envie de se dépasser, la recherche de la reconnaissance d'autrui, la valorisation, la confiance en soi mais toutes ces méthodes doivent être mises en place dès le très jeune âge et la crise de l'adolescence est souvent une remise en question de tous ces points.

Alors, que faire ?

Un savant mélange de plaisir au savoir, de méthodes et de rigueur s'avère nécessaire pour redonner du tonus au désir de réussir. En effet, la réussite entraîne la réussite, l'échec produit une spirale de l'échec et pour contrer ce dernier processus, il me semble qu'il faille, avant tout mettre en oeuvre tout un processus d'organisation au travail et de méthodes qui obligent de fait l'élève à progresser. Ainsi, bien souvent des rituels de travail forcent au travail et donc permettent des résultats. Et un résultat positif entraîne obligatoirement du plaisir et pousse ainsi à continuer ce processus.

C'est pourquoi on peut faire naître la motivation au travail en posant un contrat avec l'élève de réaliser d'abord formellement un programme qu'on lui prescrit. Pour cela il faut tout d'abord qu'une relation de synergie apparaissent entre le professeur et l'élève et que l'élève ait au moins plaisir ou intérêt à accepter ce contrat que lui propose le professeur. Là intervient sans doute une relation affective qui évoluera vers plus d'autonomie quand ce processus se réalise pendant un certain temps.

C'est ensuite ce rituel de rigueur et de méthode qui impliquera l'élève au travail, et comme on le sait le travail produit de la richesse, à savoir ici une réussite scolaire.

Tout élève,   à partir du moment qu'il sait s'organiser, travailler, comprendre en un mot penser est amène de réussir et encore plus pour un précoce qui a une vivacité intellectuelle.

Ce que l'on demande à l'école, c'est autant une forme de pensée qu'un savoir. Or, il ne suffit pas de comprendre pour savoir. En effet le savoir appelle la répétition qui permet de s'approprier les connaissances expliquées par autrui et de les intégrer afin de les reconstituer par soi-même.

Il parait important de garder les spécificités du précoce mais aussi de comprendre qu'il existe un principe de réalité auquel on ne peut échapper, admettre que chaque activité témoigne aussi de contraintes inhérentes à cette activité c'est s'ouvrir la voie d'un dépassement de ces contraintes et d'un épanouissement intellectuel.

Voilà la finalité du travail et de l'école : rendre autonome l'élève dans sa pensée et pour cela, c'est le dialogue avec la connaissance d'autrui qui entraîne à l'originalité de la pensée et à la créativité.